Pourquoi la littérature déteste les DRH ?
"Ressources Humaines...quand on y pense, c'est vraiment une formule de faux jeton. Ils essayent de vous faire croire que les salariés sont des denrées précieuses, un genre d'or ou de minéral rare. Dans les fait, ils n'en ont rien à faire de nous." Il s'agit de l'introduction à la description de la DRH que l'autrice Hélène Gestern fait dans son excellent roman par ailleurs "Atelier 4" sorti en mars 2026.
Ce n'est pas la première fois que j'écris un article sur la vision qu'ont les auteurs des DRH dans les romans qu'ils publient. J'avais même réagi très durement à une nouvelle publiée dans la revue le 1 sur les plans sociaux de Philippe Claudel qui pour sa part était dans le cliché insupportable.
Ce n'est pas que je veuille à moi toute seule porter et défendre l'image des DRH car je l'ai été plus de 30 ans, une sorte d'esprit de corps, mais je m'interroge vraiment de ce RH bashing que nous connaissons depuis quelques années et qui s'immisce désormais dans la littérature.
La littérature s'empare très souvent des faits sociaux ou sociétaux pour les traduire en objet littéraire et dénoncer des pratiques, des souffrances.
Le burn-out comme Gaëlle Josse dans "ce matin là" ou
Les conditions de travail sur des ferries comme Florence Aubenas dans " le Quai de Ouistreham ou encore
Les conditions de travail dans les centrales nucléaires d'Elisabeth Filhol dans " La centrale"
ou bien modestement mon premier roman
les enjeux de pouvoirs et le rôle des syndicats dans " Séminaires" où je tente de réhabiliter le job de DRH comme le notait Anne Barriet dans ActuEL RH dans une belle recension faite à sa sortie
Dans ce roman-ci Atelier 4, on remarque au fil de l'enquête réalisée par la narratrice sur la mort de sa soeur dans son usine que la DRH a été une actrice majeure dans ce drame.
La DRH qui n'a pas de prénom est appelé Nocton pendant une partie du roman et toutes les pratiques RH comme le team building y est décrit très violemment.
Ce qui est dénoncé ici c'est aussi le rôle de "business partner" du DRH. Le DRH avec cette appellation est au service exclusif du business et ici de ses dérives.
Comment oublier un des auteurs fondateur de la fonction RH qui attribuait 4 rôles aux RH: stratège,gestionnaire,agent du changement mais aussi " Champion des salariés" !
Pour en rajouter mais vous avez du le voir sur les réseaux cet avocat qui dans une vidéo conseille aux salariés de ne jamais se confier à sa RH dans le cadre d'un harcèlement ou RPS car selon lui le DRH est là pour constituer des dossiers sur le salarié... certes il fait sa pub mais encore sur le dos des DRH....
Faire connaître le métier de RH, valoriser ces professionnels qui pour beaucoup s'épuisent aussi au travail, ne se forme pas par manque de temps ou culpabilité (étude récente) ils ne méritent nullement ces caricatures. Mais aussi faire un vrai retour sur les dérives des pratiques RH de ces dernières années... avoir plus d'impact sur l'organisation du travail et sur le collectif et enfin prendre du recul sur le règlementaire, le droit n'est qu'un outil et ne doit pas être au centre de la fonction, c'est une juriste qui le dit !
