Rien ne va plus pour les Confédérations syndicales !
J'avais prévu de sortir la note de conjoncture sociale le 6 Novembre mais le climat social actuel ne me semble pas le terrain le plus propice pour apporter de la pertinence et de la hauteur de vue sur ce qui se déroule sous nos yeux.
Je me refuse de rajouter du bruit à la saturation ambiante, à la peur qui gagne certains. Il est urgent de se donner du temps
Donc RDV fin Janvier !
Que dire de la mobilisation syndicale d'aujourd'hui ? Quelle résonance du climat social actuel pour les entreprises ?
En me mélangeant aux manifestants ce matin à Marseille, j'ai remarqué que la mobilisation purement syndicale semblait limitée. Des drapeaux FO, CGT, FSU, CFDT,les dockers en nombre ( j'étais à Marseille!) mais la majorité des présents étaient des lycéens, des étudiants ou des salariés sans étiquette particulière. Un groupe de jeunes professionnels avec qui j'ai discuté a répondu présent au rassemblement plus par peur du lendemain, peur de ce qui se passe autour d'eux que véritablement pour le pouvoir d'achat. Les pancartes vues ici ou là donnent le ton: sur l'interdiction de manifester, sur la peur du RN, un devoir de défendre ses droits de citoyen avant celui de salariés. L'affiche ci-dessus "la météo des émotions" est la parfaite illustration de ce que j'ai vu chez les manifestants. Le jeune homme qui la portait m'a indiqué que les personnes qui s'amusaient à tourner la flèche l'orientait pour beaucoup vers " la peur du totalitarisme".
Beaucoup de pancartes sur la légitimité en tant que citoyen de manifester en réponse à Emmanuel Macron, indiquant que "les manifestations formulées par les gens qui n'ont aucune légitimité" seront systématiquement interdites.
Alors quel rôle pour les confédérations syndicales dans ce contexte ? L'encadrement des manif pour leur savoir-faire ? Ce matin effectivement, les "encadrants" étaient nombreux et visibles. Ca rassure après les graves évènements de ces dernières semaines notamment du 17 Octobre.
Mais la vocation d'une organisation syndicale n'est pas de maintenir l'ordre.
Le mouvement lycéen, les gilets jaunes avant eux ont ouvert la porte aux contestations et les organisations syndicales paraissent bien à la peine pour récupérer les mouvements.
Certains diront que ce sont les 10 années du macronisme qui ont affaibli les syndicats d'autres diront que le déclin est beaucoup plus ancien (sujet très difficile à aborder y compris entre professionnels des relations sociales!).
Quelle réponse apporter par le premier ministre à 17h30 aujourd'hui ? Une réunion avec les syndicats lundi. On continue comme si rien n'était dit !
Et les candidats à la présidentielle qu'apportent-ils de nouveau ? Pas grande nouveauté non plus dans la façon de répondre à cet l'écart qui se creuse entre ceux qui manifestent et ceux qui sont invités à négocier...est-ce tenable très longtemps ?
On reste sur le fonctionnement classique de la démocratie sociale à défaut de se frotter à d'autres modalités de dialogue.
Cet écart existe aussi dans les entreprises. Le code du travail s'est étoffé d'articles sur le dialogue social obligatoire et les agendas sociaux sont rythmés par les négociations avec les organisations syndicales ou les IRP.
N'est-il pas urgent de s'approprier de ce qui se passe à l'extérieur de l'entreprise pour envisager d'autres canaux de régulation ? Des collectifs ? des conventions participatives ? Des groupe sur l'organisation du travail ? On le dit depuis si longtemps (voir mon article sur ce sujet dans ActuEL RH). Certaines entreprises à travers des groupes sur la QVT s'emparent de la question.
S'enfoncer encore plus dans un individualisme exacerbé aboutit à la moindre tension à des enquêtes RSP tellement nombreuses dans les entreprises !
Une entreprise est avant tout une aventure commune et des projets communs, le défi à venir passera aussi par le vivre ensemble comme dans une société qui change, les lycéens et étudiants d'aujourd'hui seront les salariés de demain et ils aspirent en masse à un autre modèle!
Réfléchissons-en ensemble !
